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Un certain mercredi 30 Aout 2006...
Et voilà, t'es devant ta feuille. Tu t'dis que t'as réfléchis la moitié de l'après-midi à ce que t'allais écrire et maintenant que t'y es, tu sais plus par où commencer. Ben par le
début tiens.
Ce matin tu t'es levée comme d'hab' aux alentours de dix heures. C'est comme ça dpuis deux semaines, mais t'es de plus en plus crevée chaque matin. C'est le même cinéma tout les jours : ton premier geste c'est d'aller aux toilettes pour te vider la vessie bien pleine à cause de la
tisane de la veille. Un coup d'½il te permet de rapidement évaluer la situation : table mise,
pain frais et ton père qui commençait à s'impatienter parce que toi, tu tardes à émerger. Là encore ça à un goût de déjà vu ; tu sais exactement ce que chacun va manger. Ton petit frère va s'enfiler les deux croissants acheter spécialement pour vous deux parce que toi, le tien, tu le laisse vu que t'as tendance à grossir et que t'as pas envie d'avoir
six kilos de plus en rentrant. Si jamais y a pas de croissants, il se rabattra sur le
nutella inévitablement. Ton père, il préfère le pain aux céréales (
ça lui rappelle sa maman ) qu'il tartine tour à tour de beurre, de paté et de confiture. Ta mère, jonglant entre le pain et le pain aux céréales, reste à la confiture et boit son chocolat chaud comme toi et le microbe assis en face. Toi, tu ressembles plus à ton paternel alors,...vive le
paté et la confiote ! Jusque là tout paraît normal, mais là y a quelque chose d'un peu bizarre.
Ouais c'est vrai, c'est le
dernier jour mais bon pas la peine d'en faire tout un plat quoi ! Toi, ça fait trois jours que tu penses qu'as rentrer. Normal, ça fait trois jours
qu'il fait moche, tes potes te manquent et pis quinze jours avec les parents et le frangin ça va mais faut pas trop abuser non plus. Vu que t'es pressée de partir, tu commences djà à emballer les affaires pendant que les autres se préparent pour ce dernier jour à la plage. Ça y est, tout le monde est prêt, on y go. Tu traines pas trop des pattes parce que bon, la mer, c'est sympa quand même...Dès que tu sens
le sable sous tes pieds, y a comme un déclic. Merde c'est la dernière fois...d'ailleurs sans t'en rendre compte, t'as emmené ton numérique alors tu mitrailles vu que tu l'as presque jamais sorti pendant les vacances et que t'entend déjà ta mère raler parce que tu l'utilises jamais. Comme toujours, vous allez au même endroit, loin de la foule (
quasi inexistante en cette fin Aout... ).
Tiens, c'est marée basse, le sable est comme vierge, tu te sens con mais t'es contente et tu t'met à genoux et tu écris sur cette étendue sablonneuse
LOVE. Tu te sens super débile mais bon c'est comme dans les films, et pis merde t'es en vacs, t'as le droit de te laisser aller ! Tu sais pas très bien pourquoi, mais aujourd'hui le temps est
magnifique, et pendant que t'installes ta serviette juste après avoir fait trempette dans une
eau plus chaude que d'ordinaire, tu pense que le
soleil a un sacré culot de se pointer comme ça après s'être planqué pendant trois jours, et de briller aussi fort comme si il voulait te narguer. Toi, tu l'emmerdes, t'en profite, pas question d'aller sous le parasol, quitte à prendre un coup de soleil, tu veux pas en perdre une miette.
Mazette, ça doit être la plus belle journée des vacances, ...évidemment c'est la dernière. T'es crevée mais t'es bien posée sur ta serviette. T'étend ta main pour prendre une poignée de sable fin que tu laisses s'écouler lentement pour que
le vent puisse l'emporter. Mais c'est un peu trop tard que tu captes que le vent vient du côté d'ou tu laches les grains et bêtement tu t'en prend plein la gueule. Hier tu te serai énervé mais aujourd'hui c'est différent. Autour de toi, les rares personnes qui passent sont
des allemands. Hier tu te serai énervée parce que t'aurai eu l'impression d'être au bord de la Manche plutôt qu'au bord de l'océan Atlantique. Mais aujourd'hui c'est différent. Tu leur en veux juste parce que eux restent et que toi tu te barres.
L'être humain est étrange.
Ce matin tu pensais qu'à partir, mais maintenant tu te dis que tu resterai bien. Ça fait quinze jours que t'es ailleurs, pas de stresse et que tu penses plus à ce qui te rongeaient avant. T'es parfaitement consciente que revenu au
Home Sweet Home, tes ptites galères vont recommencer alors que là, ta plus grosse galère c'est de choisir entre une glace amarena et passion ou finir le chapitre de
ton polar avant que les autres décrètent l'extinction des feux. D'ailleurs, à fond dans ton bouquin où le Dr Dupond tente de sauver le monde d'un savant fou qui manipule l'ADN comme un virtuose, t'as pas capté que le soleil avait tourné. Ça se rafraichit léger même si
aucun nuage n'est visible à l'horizon. Ton père et ton frère ont profités un max de la mer et tu les vois ressortir enfin de l'eau ( ça fait quand même une bonne demi-heure que tu te tâtes entre te lever et voir ou ils sont passés et abandonner le Dr aux mains des tueurs à gages qui ont prévu de le liquider, ou bien frissonner à l'unisson avec le pauvre doc' sans savoir si ton géniteur et sa progéniture survivent aux violentes vagues de ce mercredi 30 aout).
On commence à rassembler les affaires, signal du départ imminent. A nouveau, tu te sens stupide parce qu'en secouant ta serviette, t'as pensé garder un peu de sable
en souvenir. Tu sais très bien que ça fait plus de dix ans que tu retournes ici, mais à chaque fois l'idée te traverse. Avant de quitter VOTRE endroit, tu fais un rapide tour d'horizon, embrassant d'un regard le couple qui te fout les nerfs depuis quelques jours à afficher son bonheur en plein jour (
ça devrait être interdit tien ! ) et cette famille de nudiste qui te mettait franchement mal à l'aise, même si c'est pas la première fois que tu vois des gens a oualpé. Te voilà entrain de revenir sur tes pas pour la dernière fois. T'as pas envie de faire de sentimentalisme, mais le sable te paraît plus fin ; tes mollets qui habituellement te torturent, te font
sourire ; tu regardes une dernière fois les
maitres nageurs sauveteurs et te dis que si jamais tu restes pas célib' comme tu l'as fermement résolu durant ces vacances, ben t'épousera un de ces types là.
Au sable vierge de toute trace succède un sable qui semble avoir été foulé par une
armée de soldats. Toi, tu veux faire ton mariole et tu t'évertues à trouver un endroit, un carré de sable que personne n'as encore foulé, et tu te sens grave fier quand l'empreinte de ton pied laisse une trace
bien visible au milieu de cet enchevetrement de marques plantaires. D'ailleurs, tu t'appliques à marcher entre les traces de pas, juste parce que t'as pas envie de marcher sue les traces de quelqu'un d'autres, quelqu'un qui t'as prémaché le boulot ! nan, toi tu veux te compliquer la tâche, c'est TON dernier jour et tu vas tracer TON chemin. D'ailleurs l'odeur étrange de sueur et
d'air marin qui t'accompagne tout les soirs ne t'indispose pas comme à l'accoutumé. Non, aujourd'hui, tu lui trouve même un peu de charme.
Au sable succède maintenant un chemin fait de planches de bois, grimpant le long de la dune.
Arrivée au sommet, t'as un court instant d'hésitation «
jme retourne ou pas ? » ça dure pas longtemps parce que t'as djà amorçé un quart de tour et tu le regrettes : à perte de vue, une étendue bleue qui scintille à la lueur du soleil qui baisse à l'horizon. T'es comme hypnotisé et les gens qui te dépasse te jette un regard de travers mais toi tu les ignores royalement. A contre c½ur tu t'arraches à ce paysage de
carte postale et tu descends. Ton visage à une expression neutre. Tes darons pensent que tu fais la gueule alors que toi, tu sais pas si tu dois te réjouir ou déprimer. D'un coup tu grimace de douleur. Non pas parce que ça te déchire
le c½ur, mais juste parce que tu fais ton malin et t'as pas mis tes claquettes, histoire d'imprimer au plus profond de ta chair chaque aspérité de la route. Tu souffres mais t'assumes, tu vas pas déclarer forfait à mi-chemin quand même. Nan, tu tiens jusqu'au bout. En rentrant tu te dépeche de choper trois feuilles histoire de partager ce dernier jour avec les visiteurs de ton blog qui s'arrêteront sans doute de lire à la deuxième ligne parce que, comme d'hab'...t'as fais un
roman.